Recherche et réunification familiale

 Les enfants de la rue sont pour la plupart des fugueurs, et parfois des orphelins. Orphelins du fait de la guerre civile, ou fugueurs parce que leurs parents étaient trop pauvres pour les nourrir et s’occuper d’eux. Afin de redonner une chance à ces enfants de se construire un avenir, il est indispensable de retrouver leur famille, proche ou éloignée, pour les réintégrer dans le milieu nécessaire à leur épanouissement affectif, éducatif et personnel.

 

Ces enfants sont identifiés par les éducateurs de l’OPDE, au cours de leurs descentes dans la rue. Dès la première rencontre, ils discutent avec les enfants pour essayer de savoir d’où ils viennent, s’ils se souviennent de leur famille, afin de pouvoir partir à la recherche de leurs racines et tenter de les y réinsérer. Les enfants disent rarement la vérité la première fois, et ce n’est qu’après de longues discussions que les éducateurs parviennent à regrouper les informations nécessaires.

Une fois la famille retrouvée, l’éducateur propose à l’enfant d’aller leur rendre visite. Il peut accepter ou non. En effet, les enfants qui ont quitté des parents qui ne pouvaient pas assurer leur éducation ne ressentent pas forcément l’envie de les revoir. Si l’enfant refuse, l’éducateur continue de parler avec lui jusqu’à ce qu’il accepte.

 

Accompagné de l'enfant, l'éducateur rend visite à la famille en expliquant sa démarche et demande aux parents s’ils reconnaissent leur enfant. Parfois, ce dernier a trop grandi, complètement changé, donc cela peut être difficile. L’éducateur explique la situation de vulnérabilité dans laquelle se trouve l’enfant, et la nécessité pour lui de retourner vivre auprès des siens.

Bien souvent, la famille serait prête à accueillir l’enfant à nouveau, mais l’extrême pauvreté dans laquelle elle se situe l’en empêche (certaines familles doivent mendier pour pouvoir manger). Parfois, les parents refusent catégoriquement d’accueillir l’enfant. L’éducateur revient alors seul quelques mois plus tard, afin de laisser aux parents le temps de mûrir leur réflexion, et pour leur présenter à nouveau la situation. En parallèle, il continue d’expliquer à l’enfant les avantages dans le fait de vivre avec sa famille, notamment la possibilité pour lui d’hériter de la terre de ses parents.

 

Les parents acceptent généralement lorsqu’ils comprennent que l’OPDE peut les soutenir financièrement pour la création d’une activité génératrice de revenus, destinée à leur permettre d’assurer les frais médicaux et scolaires de l’enfant. L’éducateur étudie avec les parents la meilleure façon de rentabiliser la somme reçue (qui est de 300 000 BIF). Souvent, il s’agit d’un petit commerce (vente de bananes, de tomates …), ou d’un élevage de chèvre. L’éducateur doit s’assurer que les parents comprennent bien que cet argent doit permettre de subvenir aux besoins de l’enfant, dont ils doivent s’occuper, et qui n’est plus à la charge de l’OPDE.

Pour certains enfants, il peut se révéler impossible de retrouver des traces de leur famille, soit parce qu’ils sont orphelins, soit parce qu’ils sont venus trop petits dans la rue et ne parviennent plus à se souvenir d’où ils viennent. Il faut alors leur trouver des familles d’accueil. Beaucoup d’amitiés se créent en grandissant dans la rue, et certaines familles acceptent d’accueillir l’ami de leur enfant aussi. Mais celui-ci ne pourra pas hériter. Il faut donc s’assurer qu’il poursuivra ses études jusqu’à l’université, et sera en mesure de se prendre en charge lui-même par la suite.

 

L’OPDE reste toujours en contact avec les familles. Les éducateurs leur rendent des visites régulières, pour s’assurer que tout se passe bien, que les enfants sont bien intégrés, et qu’ils continuent bien d’aller à l’école. Ils s’assurent aussi que l’aide donnée a effectivement servi à créer l’activité choisie ensemble, et que cette activité est rentable.

 

En 2013, ce ne sont pas moins de 88 enfants qui ont ainsi été récupérés de la rue et réinsérés dans leur famille, ou dans une famille d’accueil.

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